De la soul // Clip à la maison
Bizarrement, mes paupières se font extrêmement lourdes quand je relis les quelques cours décryptables qu'il me reste, alors je passe à autre chose.

J’adore Sam Cooke. Je viens de réaliser que l'anagramme subtil de Sam Cooke donnait Same cook, "même cuisinier", mais alors je sens que, là, cette réflexion aux relents lacaniens ne mènera nulle part. Dans la trilogie soul du bon, de la brute et de l’aveugle, il y a Sam Cooke, Solomon Burke et Ray Charles. Et James Brown. Mais lui, comme dirait Nik Cohn, c’était « le patron », « un sultan, un intouchable » et tout.
Nik Cohn, toujours lui, dit de Sam Cooke dans Awopbop Aloobop Alopbamboom qu’il était « suave sans être écoeurant » et c’est exactement ça : irrésistiblement mièvre, mais pas que. Les chansons de Sam Cooke sont la bande-son rêvée d’une party bon-chic-bon-genre au bord de la piscine où l’eau est tiède, les serveurs impeccables et les cocktails, oh mon dieu, exquis, mais où personne ne peut se défaire de cet air horriblement mélancolique.
S’il a débuté avec les pieux Soul Stirrers (des types qui "remuaient les âmes", quand même), fait pleurer la ménagère du Kentucky et été aussi beau qu’un Barack Obama, ça ne l’a pas empêché d’être pote avec Mohammed Ali ni de se faire descendre dans une chambre d’hôtel par une amante éconduite, revêche, psychopathe, peu importe. Et quand je pense qu'un homme qui susurrait des ballades caramélisées est mort une balle dans le corps, je trouve que ça a de la gueule et que la vie est vraiment pleine de paradoxes, qu'effectivement tout n'est pas noir et blanc mais gris nuancé, ou plutôt café au lait comme la peau de ce vieux Sam, et que les préjugés c'est mal, que -- gare à vous -- les femmes sont imprévisibles, que les armes à feu c'est dangereux etc.
LA TA TA TA TA TA TA (history) MMMMHHH (biology)
En traînant sur youtube je suis tombée sur cette vidéo, qui m'a valu un formidable moment de bonheur et d'hilarité solitaires (si on a la chance de connaître d'avance les paroles de What a wonderful world pour l'avoir braillée sous la douche, en passant l'aspirateur ou en se faisant une omelette provençale, c'est encore meilleur):
J'ai dû la regarder environ 64,5 fois pour oublier que demain c'est lundi. D'aucuns se reconnaîtront dans la gravité des problèmes qu'évoque cette chanson.





















